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Critique – My life directed by Nicolas Winding Refn

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États-Unis, Danemark : 2016
Titre original : My life Directed by Nicolas Winding Refn
Réalisatrice : Liv Corfixen
Avec Nicolas Winding Refn, Ryan Gosling, Liv Corfixen
Distribution : The Jokers
Durée : 59mn
Genres : documentaire
Date de sortie : 27 avril 2016

Note : 3/5

Partager la vie d’un réalisateur n’est pas de tout repos. Partager la vie de Nicolas Winding Refn l’est encore moins. Liv Corfixen, réalisatrice, actrice et épouse de Nicolas Winding Refn, entreprend de filmer sa famille et sa relation avec son mari lors du tournage d’ Only God Forgives à Bangkok dans un film intitulé « My life directed by Nicolas Winding Refn », un court documentaire entrant dans l’intimité d’une famille particulière et dans la vie d’un homme hors du commun.

Synopsis : My life directed by Nicolas Winding Refn, a été réalisé par son épouse, Liv Corfixen. Comment concilier sa carrière d’artiste avec sa vie de père de famille est la question centrale de ce document très intime. Liv a suivi Nicolas de la pré- production du film « Only god forgives » au cours de laquelle il a amené sa famille avec lui pendant 6 mois à Bangkok jusqu’à la présentation du film au festival de Cannes. De son rapport très spécial avec Alejandro Jodorowsky à son amitié très forte avec Ryan Gosling, My life directed by Nicolas Winding Refn nous plonge au coeur du processus créatif et de la vie privée d’un des plus grands réalisateurs du 21ème siècle.

Dans la peau de Liv Corfixen

En 2013, peu après le succès retentissant de Drive, Nicolas Winding Refn se lançait dans un projet tout aussi ambitieux : réaliser le sulfureux Only God forgives. Liv Corfixen filme son mari et sa famille dès le début du tournage, du départ pour Bangkok aux projections à travers le monde et notamment à Cannes. Cependant, le documentaire de Liv Corfixen n’est pas un making-off traditionnel pour autant et son projet est bien plus personnel. À travers des scènes volées de leur intimité, elle cherche à analyser sa relation avec son mari et ce film devient presque une thérapie de couple pour affronter les difficultés liées au tournage. Tel un journal intime, ce documentaire capture des instants de l’extraordinaire vie quotidienne de la famille et dévoile les doutes de la réalisatrice  autant que ceux de son mari. Très subtilement, Liv Corfixen met le spectateur à sa place en lui offrant sa vision à travers la caméra. Cependant, on peut également reprocher à la réalisatrice de trop s’effacer derrière la caméra et oubliant, comme son mari lui rappelle, qu’il s’agit aussi d’un film sur elle. Si ce film avait pour vocation de mettre en lumière la relation d’un couple, le  réalisateur est davantage le point central du film. La réalisatrice reste trop en retrait et ne dévoile que rarement ses sentiments ou impressions pour filmer en priorité son mari. Le titre du film, My life directed by Nicolas Winding Refn, souligne par ailleurs l’omniprésence et la grande influence de Winding Refn sur la vie de la réalisatrice, mais cette influence est mutuelle et tous deux s’offrent conseils et soutien. Le titre dénote aussi une certaine ambivalence dans la vie de la réalisatrice, oscillant entre passivité -subissant parfois les doutes et l’implication de son mari pour son métier – et action en réalisant un film qui lui tient à cœur et l’utilisant comme miroir de l’état de leur vie commune.

 

Ce documentaire permet de découvrir le réalisateur danois mis à nu, face à ses angoisses et à ses incertitudes. Après le succès fulgurant de Drive, Winding Refn veut mener à bien son nouveau projet tout en sachant que les attentes du public ne correspondent pas à ce qu’il entend faire avec Only God forgives et cette pensée torture le réalisateur. Grâce à son documentaire, Liv Corfixen, montre un réalisateur perfectionniste et très précis, capable de refaire une scène jusque tard dans la nuit pour s’assurer d’avoir la prise parfaite ou de passer du temps avec chacun de ses acteurs pour obtenir le résultat espéré. Ce film met en effet en lumière la relation du réalisateur avec ses acteurs, que ce soit avec Kristin Scott Thomas ou avec Ryan Gosling. Face à ce dernier, Nicolas Winding Refn apparaît protecteur et paternel mais certaines scènes soulignent également la complicité incroyable entre les deux hommes qui ne manquent pas une occasion de se moquer l’un de l’autre. Liv Corfixen filme de beaux moments de complicité entre le réalisateur et son acteur ou entre Ryan Gosling et les filles de Nicolas Winding Refn mais montre également à quel point le film et les angoisses du réalisateur envahissent leur vie de famille. Déçu par le résultat, incertain de la réception du public, Nicolas Winding Refn est inquiet et Liv Corfixen le soutient et le rassure jusqu’à douter elle même de la force de leur relation. Avec ce documentaire, Liv Corfixen livre un journal intime filmé qui révèle l’impact de mois de tournages sur sa famille et son couple et dévoile aussi le rôle important que joue son mari dans sa vie.  On retrouve en effet également l’influence de Winding Refn dans le choix de la bande-originale, à laquelle la réalisatrice a apporté un soin particulier et qu’elle souhaitait similaire à Drive.

Si Liv Corfixen avait pour vocation première d’illustrer une relation de couple hors du commun, le film est surtout intéressant pour le portrait qu’il dresse du réalisateur et pour les moments drôles, tendres et plein de fraîcheur que le couple partage avec Ryan Gosling ou Alejandro Jodorowsky.

Les +
+ Le portrait intime d’un réalisateur en proie aux doutes
+ Découvrir les coulisses d’Only God Forgives
+ Les moments de complicité entre Ryan Gosling / Alejandro Jodorowsky et Nicolas Winding Refn
Les –
– Une réalisatrice trop effacée

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