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Critique – I Origins

Nicolas Balazard 11 septembre 2014 Cinéma Un commentaire sur Critique – I Origins
I Origins Michael Pitt

I Origins posterÉtats-Unis : 2014
Titre original : –
Réalisateur : Mike Cahill
Scénario : Mike Cahill
Acteurs : Michael Pitt, Brit Marling, Astrid Berges-Frisbey
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 1h47
Genre : drame, science fiction
Date de sortie : 24 septembre 2014

Note : 4/5

Mike Cahill devrait faire réfléchir sur les Planches. Il vient en effet au festival de Deauville pour présenter son deuxième film I Origins, une réflexion sur le sens de la vie d’une extraordinaire lucidité, qui devrait parler aussi bien aux scientifiques qu’aux religieux.

Synopsis : Sur le point de faire une découverte scientifique, un médecin part en Inde à la recherche d’une jeune fille qui pourrait confirmer ou infirmer sa théorie. Le film retrace le voyage incroyable qui va relier des individus totalement différents, et prouver que la science et les sentiments ne sont pas deux univers séparés…

I origins Brit Marling

Passion vs. Raison

Et si tout commençait par un regard ? Ian est un scientifique, un cartésien pur jus, obsédé par les yeux, au point de s’être fixé l’objectif de réfuter les preuves de l’existence de Dieu en donnant la vue à des organismes dépourvus de ce sens (l’œil étant considéré par les religieux comme la preuve de l’existence de l’âme de par son côté unique et inaltérable). Mais il va croiser Sofi lors d’une soirée et tomber immédiatement amoureux. Il aime sa spontanéité et sa beauté. Mais dans les faits, elle est son exact opposé, croyante, mystique et persuadée de l’existence d’un être supérieur agissant sur nos destinées. Les deux n’auraient jamais du se retrouver après cette soirée, mais les hasards de la vie vont les faire se rapprocher. Ian, lui si carré dans sa logique, semble pourtant guidé par une force mystique qui l’aide à retrouver Sofi. Le film oppose en permanence la raison et la passion, les faits aux croyances. Le réalisateur s’amuse à balader son personnage principal dans un monde de symboles dans la quête de l’être aimé (les jeux de reflets, le nombre 11, les images subliminales). Alors qu’il va la retrouver, ses recherches vont atteindre en parallèle un aboutissement. Il y a une sorte de césure au milieu du film avec un retournement inattendu que l’on va cacher ici. Il y a de fait deux climax, l’un où la preuve de l’existence de Dieu est remise en question, l’autre où la situation s’inverse en miroir, et où malgré toute la cohérence des recherches de Ian, celui-ci parvient à montrer scientifiquement l’existence de l’âme, le doute qui vient bousculer toutes les croyances acquises dans I Origins. L’oeuvre n’est pas facile à appréhender d’un premier abord : elle rebute tantôt, semble un peu expérimentale et on se demande dans quel délire de réalisateur on a atterri. Puis elle prend de l’ampleur et se construit au fur et à mesure, dévoilant une logique impressionnante aux rouages subtils, se transformant en thriller sur le sens de la vie. Mike Cahill a une plume particulièrement affûtée et s’est posé de nombreuses questions sur la foi pour construire son histoire, le tout est pertinent et d’une grande lucidité. Si on regrettera une narration un peu hachée par endroit, on ne pourra que saluer sa prise de risque, dans ce film à la beauté formelle angélique, entre rêve et réalité.

I Origins Astrid Berges-Frisbey

Les +
+ Subtilité de l’écriture
+ Intelligence du propos
+ Esthétique travaillée au service de l’histoire
+ Michael Pitt
Les –
– Nébuleux par endroit
– Démarrage un peu difficile

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Blogueur troll spécialisé en cinéphilie, geek notoire, mégalo impulsif, ayant fait ses armes sur Critique-Film.fr. Papa de Cine-Nerd.fr et fan de... Disney !

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