Ciné-Nerd

Counterpart, et si « je » était un autre ?

JK Simmons dans Counterpart

Et si j’avais pris à gauche plutôt qu’à droite, dis oui plutôt que non, qui serais-je aujourd’hui ? Des questionnements éternels qui sont au cœur de la série Counterpart, petite pépite trop méconnue de science-fiction, dont la saison 2 est en cours de diffusion sur OCS.

Synopsis : Howard Silk (J.K Simmons, Justice League, Whiplash) est un employé modèle et modeste d’une obscure agence onusienne de Berlin. Sa vie bascule lorsqu’il se retrouve bien malgré lui au cœur d’un complot tournant autour du secret le mieux gardé au monde : il existe un monde parallèle. Il y a 30 ans, une expérience de scientifiques Est-Allemands a provoqué la duplication du monde et la seule voie de passage entre les deux se situe précisément dans l’agence où Howard travaille. 

Sortie en catimini en janvier dernier (sur Starz aux USA et sur OCS en France), Counterpart a pourtant été l’une des meilleures nouveautés de 2018. Créée par Justin Marks (scénariste de la version 2016 du Le Livre de la jungle), et produite par Todd Brown (Ozark, American Horror StoryAmerican Crime Story) et Amy Berg (Leverage, Person of Interest), la série est un complexe mélange des genres, empruntant à la fois aux codes de l’espionnage et de la science-fiction. Et sur les deux tableaux, la série est impeccable, avec son côté rétro-futuriste digne de la guerre froide. De plus, il est clair dès le pilot que Justin Marks, créateur de la série, a pris le temps de construire son univers. Du look des bureaux de l’agence Interchange, aux échanges diplomatiques entre les deux mondes, tout a été bien réfléchi. Mais ce qui fait la vraie force de Counterpart, c’est qu’elle sait rester à hauteur d’homme. Comme dans toute bonne œuvre de SF, la SF n’est qu’un prétexte. Ce qui prime, c’est d’explorer les conséquences pour les protagonistes. Confronté à son double, espion aguerri et bourru, le gentil Howard va-t-il découvrir qu’il existe aussi en lui un Howard plus dur, plus sûr de lui-même ? L’interrogation en devient presque philosophique. Qu’est-ce qui nous définit ? Serions-nous différents si à un moment donné nous avions pris une autre décision ? Qu’est-ce qu’il fait que l’on devient prodige du violon ou assassin ?

Attention, ce qui suit contient des spoilers sur la première saison.

Après avoir bien établi les règles qui régissent les communications entre les deux mondes en saison 1, les choses se corsent forcément avec la saison 2, qui sera malheureusement la dernière. La porte entre les deux mondes est fermée, alors que nos deux Howard sont coincés chacun dans la vie de l’autre. Les choses ne sont guère plus simple pour Peter Quayle, directeur du département des Stratégies. Tiraillé entre le besoin de préserver sa famille, la peur d’être découvert et sa relation plutôt compliqué avec Clare, espionne du camp d’en face, mais mère de son enfant, Peter va devoir choisir son camp. Alors que l’on en découvre d’avantage sur les origines de ces mondes parallèles, la saison 2 poursuit également ses réflexions sur la quête d’identité. Confronté au monde de son alter-ego, le gentil Howard finira-t-il lui aussi par s’endurcir ? Et que va donc découvrir sa femme Emily, qui, tout juste sortie de son coma, a bien du mal à se reconnaître dans les souvenirs fragmentés qui lui reviennent peu à peu ?

Aragarna

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"Enfant de la télé hier, rédactrice web sur les séries télé aujourd'hui" Motto d'une passionnée du petit écran qui partage ses coups de coeur à qui veut bien la lire...

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